C’est au XVIIè siècle que les premières formes
du jazz apparaissent. Elles traduisent un réel mal de vivre des
esclaves noirs-américains. Cette nouvelle forme d’expression
se développe d’abord par la musique, puis très vite
par la danse.
Spécifiquement noir au départ, le jazz sous toutes ses
formes s’élargit dans la communauté blanche. On
assiste alors à la symbiose de deux cultures.
La particularité du jazz est incontestablement sa perpétuelle
mouvance, son éternelle évolution. Il n’a pas de
codification précise comme les autres formes de musique et de
danse avant lui. On ne peut d’ailleurs dissocier ces deux arts,
car l’un ne va pas sans l’autre. Ils évoluent ensemble,
protestent contre les injustices raciales. Ils tendent vers le respect
et la tolérance, crient leur soif de liberté et d’émancipation.
La danse se propage un peu partout au fil des siècles, et pas
seulement chez les minorités. D’abord dans les églises,
elle s’étend ensuite dans les revues. Au début du
XIXè siècle, les premières formes de spectacle
apparaissent avec les Minstrels, spectacle caricatural sur la vie des
noirs. Les minstrels établissent la mémoire de l’Amérique.
On prend conscience du patrimoine de son histoire.
Vers 1830, l’affranchissement des esclaves dans l’état
de New York fait apparaître les Ghettos. C’est là
que germe la musique jazz. Cette période révèle
un des plus grands danseurs noirs, William Henry Lane, dit Juba. Un
des rares parmi les danseurs professionnels à danser avec les
blancs.

Au XXè siècle, le jazz se modernise, évolue. La
danse s’émancipe, en répondant aux critères
du jazz : dynamique et énergie, coordination, rythme et improvisation,
isolation. La danse est dite « Jazz Moderne ». Les grands
de cette période sont d’une part Katherine Dunham, Pearl
Primus, plus tard Alwin Ailey… D’autre part, Jack Cole,
Gene Kelly pendant la grande période des comédies musicales.


En France, c’est vers 1960 qu’une
technique jazz apparaît avec René Deshauteurs. Matt Mattox
définit un langage spécifique qui servira longtemps de
référence. Le succès est partout et le monde artistique
du jazz aborde les années 70-80 avec passion.
De nombreux amateurs et professionnels, jeunes ou moins jeunes, fréquentent
les cours de danse et les stages.
A l’époque, ils ne sont pas assez nombreux pour recevoir
tout le monde. Avec l’expression de la danse jazz, ils trouvent
une identité culturelle, et pour certains une profession.
Dans les années 80 émerge dans l’ombre la culture
Hip Hop dont le leader est à l’époque Afrika Bambaataa.
Ce mouvement a la même origine que le jazz, et fait ressortir
de l’ombre un peuple oublié.
Aujourd’hui, le jazz a encore et toujours évolué.
En ce qui concerne la danse, les techniques et les diverses personnalités
donnent lieu à une palette de styles. On voit apparaître
depuis plusieurs années des chorégraphies mélangeant
dans leurs créations danse classique, contemporaine, jazz, danse
africaine, Hip-Hop. Les cultures se rencontrent et la danse en est l’un
des instruments.